APRS
Mise à jour du 01 septembre 2009

 

L'APRS est un système imaginé par Bob Bruninga WB4APR, qui a redonné un coup de jeunesse au packet radio, moribond en France. Est-ce que l'APRS durera longtemps ? C'est bien difficile à dire, car, à mon avis (qui n'engage que moi) c'est toute l'activité radioamateur qui est en recul et pas simplement le packet-radio, mais ceci est un autre débat ...

J'ai pu lire (sur des forums d'internet) que certains radioamateurs ne voyaient pas l'utilité de l'APRS ! Ce qui est assez consternant. Ce n'est pas que l'APRS soit un mode plus "révolutionnaire" (loin de là) que les autres, mais le manque d'imagination des radioamateurs d'aujourd'hui, me désole, aucun esprit de découverte ou d'imagination, ce qui les intéresse c'est le "plug and play" ("branchez et jouez" en bon français).

Les indications que je donne ci-dessous pour le paramétrage des installations, n'engagent que moi, je ne possède aucune autorité particulière et je ne suis mandaté par personne pour donner des recommandations ou obliger qui que ce soit à respecter des paramétrages. Je pense que chacun est responsable de ce qu'il fait et que c'est le bon sens qui doit l'emporter, sinon l'APRS disparaitra aussi comme le packet-radio qui à été saboté de l'intérieur par quelques individus plus préoccupés par leur image que par la réalisation d'un réseau de transport numérique purement radioamateur.

L'utilisation la plus connue de l'APRS est l'affichage sur une carte de la position des différents utilisateurs et en particulier le suivi en temps réel d'objets en mouvement.
Mais il y en à d'autres, moins connues, parce que moins utilisées et parfois moins bien expliquées comme, par exemple, l'envoi de mini messages du style SMS pouvant toucher tous les utilisateurs ou un groupe distinct. D'autres utilisations sont possible, comme la création "d'objets" temporaires pour signaler un évènement intéressant (une réunion, une assemblée générale, etc.) ou une catastrophe naturelle (tremblement de terre, ouragan etc.) ou bien encore le lieu d'un accident (emplacement du crash d'un avion par exemple). Ce qui fait la force du système, c'est d'une part la simplicité du matériel mis en œuvre, et d'autre part la connexion avec le réseau internet (ce qui pose un problème règlementaire, il faut bien le dire) par l'intermédiaire de certaines stations. Les installations répétitrices sont composées d'une alimentation, d'un transceiver VHF, d'une antenne et d'un TNC équipé d'une EPROM dédiée. Quand aux stations mobiles, elles peuvent êtres composées d'un équipement minimum composé d'un microcontrôleur à base de PIC (Tinytrack par exemple) , d'un émetteur tout simple, d'une antenne et d'un GPS. On peut aussi faire retransmettre ses "paquets" APRS par la station spatiale internationale (ISS) lorsqu'elle est active et passe au dessus de vous et ceci même en mobile.

Les inconvénients (bien sur, il y en à quelques-uns !) ont commencé à apparaître avec la multiplication des utilisateurs. Le plus pénalisant est la saturation du réseau qui est (malheureusement) mono fréquence par une prolifération de balises (souvent sans intérêt) trop fréquentes en provenance de stations fixes et avec des "chemins" (path) bien trop "invasifs". Bob Bruninga à essayé de contrer ces problèmes en créant un nouveau système de paramétrage (new paradigm), mais la prise de conscience des radioamateurs est très lente et peu se sentent concernés. Pour résumer, réfléchissez bien, avant de mettre en œuvre et de paramétrer votre installation, qu'elle soit un "digi", une installation fixe ou une installation mobile, aux valeurs importantes de certains paramètres.

Ce qui est important, c'est de cesser de recopier bêtement les paramètres les uns sur les autres, mais plutôt d'essayer de comprendre leur utilité et leur influence sur l'encombrement de la fréquence APRS.

Dans l'esprit, le réseau APRS doit être dédié prioritairement aux stations mobiles.

Pourquoi aux mobiles ? Parce que que les stations mobiles sont celles qui ont le plus besoin de la disponibilité du réseau, leurs balises sont plus fréquentes (nécessairement) et leurs conditions de dégagement pas toujours très bonnes. Donc les installations fixes (digis, stations fixes, relais etc.) ne doivent pas saturer le réseau par des balises trop rapprochées, trop nombreuses et sans intérêt.

1) Utilité de l'information que vous aller envoyer pour les autres utilisateurs :

    C'est la première question que vous devez vous poser, au delà des premiers essais pour valider le matériel, il est important de prendre conscience que la nature même du réseau APRS (mono fréquence) le rend très facile à saturer. Donc il faut réfléchir à ce que l'on va envoyer sur le réseau et à qui va s'adresser cette information.
_ Est'il si important que l'on voit l'icône de votre installation à l'autre bout de la planète ? La question est posée ... Surtout que grâce (et à cause) à l'interconnexion avec le réseau Internet, vous serez "visible" partout même avec des paramètres minimum.
_ Stations fixes sans surveillance : est-ce bien utile de laisser une station en fonctionnement chez vous envoyer une balise alors que vous êtes absent de votre "shack"? Là aussi une réflexion semble nécessaire.

2) Fréquence d'envoi des balises (espacement dans le temps) :

On peut distinguer plusieurs familles d'objets affichés sur les cartes APRS :

A) Les objets fixes :
    Dans la catégorie des objets fixes, on peut encore diviser en plusieurs sous-catégories :

    a) Les objets permanents (digis APRS, stations météo, relais phonie, stations personnelles etc.)
            _ Les "digis" APRS : à mon avis ils devraient émettre une balise toute les 30 voire 60 mn, plus fréquemment ne sert à rien. En effet, la position géographique d'un "digi" n'est pas une information importante pour les utilisateurs (stations mobiles par exemple).
            _ Les stations météo : toutes les 30 mn au minimum, l'idéal serait un système intelligent qui augmenterait la fréquence des balises lorsqu'il y a des variations importantes des paramètres météo et la diminuerait lorsque le temps est stable (un système de "smart beaconing" adapté à la météo).
            _ Les relais phonie, ATV etc : une balise toutes les heures suffit largement.
            _ Les stations personnelles : toutes les 30 à 60 mn quand l'OM est présent dans le "shack", pas moins. Pas de balise quand l'opérateur est absent.

    b) Les objets temporaires (réunions, accidents, catastrophes naturelles etc.).
            _ Les réunions, salons etc : toutes les 30 mn au minimum avant le jour d'ouverture, toutes les 15 mn le jour "J".
            _ Les accidents, catastrophes naturelles etc : toutes les 15 mn.
           

B) Les objets mobiles :
    Même chose pour les objets mobiles, on peut les classer dans plusieurs catégories :

    a) Les objets mobiles d'intérêt personnel (véhicules personnels etc.)
            _ Les véhicules individuels (auto, camping car, vélo, bateau) : balise toutes les minutes lorsque le mobile est en mouvement et toutes les 5 à 10 mn lorsque le véhicule est immobile mais avec son propriétaire à bord. Quand le véhicule est au parking sans personne à bord, pas de balise. Pour ceux qui disposent de matériel adapté, la gestion de la cadence des balises de façon intelligente par le logiciel (système "smart beaconing") est fortement recommandée.
           

     b) Les objets mobiles d'intérêt collectif (suivi d'un ballon etc.)
            _ Le suivi des ballons : quelquefois le suivi se fait sur une fréquence différente (144.600 MHz) de la fréquence APRS officielle (144.800 MHz), à ce moment la cadence d'envoi des balises n'est pas gênante, dans le cas ou ce suivi se fait sur la fréquence habituelle (144.800 MHz), il faut espacer les balises de 1 à 2 mn avec peut-être, là aussi, une gestion intelligente de la balise en fonction du déplacement, c'est à dire, en cas de variation importante et rapide de la position, les trames des balises sont plus rapprochées et inversement. Ce dispositif appelé "smart beaconing" existe sur certains matériel comme le TM-D710 de Kenwood, sur le
Tinytrack 3 de Byonics et sur l'Open tracker2 de Argent Data System par exemple.

Il faut savoir qu'actuellement, la plupart des balises sont envoyées toutes les 5 minutes (en moyenne) pour des stations fixes, ce qui est, à mon avis, sans intérêt et sature inutilement le réseau

3) Chemin vers lequel sont envoyées ces balises (paramètre "PATH") :

Ici on revient à ce que j'indiquait au début, sur l'utilité de faire connaitre une information de position à la planète entière, alors que cette information ne concerne qu'un évènement "local". Même s'il s'agit de "votre" station mobile, sans faire de peine à votre égo, est-ce bien raisonnable que vos déplacements pour aller chercher le pain soient retransmis jusqu'en Nouvelle Zélande ? Un peu de bon sens ne fait pas de mal !

Bob Bruninga WB4APR à développé un nouveau paramétrage (voir ici et cette page pour paramétrer UIDIGI ) pour les "digis" et une recommandation pour les utilisateurs : (voir le texte en anglais). Il est parfaitement possible (et facile) de paramétrer un node équipé d'une eprom UIDIGI à distance. Toutes les valeurs des paramètres sont modifiables à distance.

Les stations privées (station personnelles) ne doivent pas servir de répéteurs APRS sauf si elles sont installées sur un point haut et sous tension en permanence.

Ne plus utiliser les alias "TRACE" "RELAIS" et "WIDE" tous seuls sans paramètres supplémentaires

Utiliser de préférence "WIDEn-N" avec une valeur pour n et N au grand maximum de 3 (WIDE3-3) et proscrire définitivement les WIDE7-7 que l'on voit toujours passer sur le réseau.
Les bons réglages sont pour une station fixe WIDE1-1 ou WIDE2-2 et pour une station mobile WIDE2-2, vous voyez qu'on est très loin de ce qui est utilisé actuellement.

D'une façon générale, les balises très rapprochées dans le temps (mobiles par exemple) doivent avoir un "path" court.


Le trafic via la station spatiale ISS ne nécessite qu'une configuration minimum, un "path" configuré à RS0ISS-3 et une fréquence de balise à 1 ou 2 mn, il suffit d'avoir une seule trame de retransmise via ISS pour voir son indicatif apparaître sur Internet à l'adresse
http://www.ariss.net/  . Donc inutile de saturer la fréquence de montée de la station spatiale et laissez donc la place aux autres.

Si vous ne savez pas comment configurer votre programme UI-VIEW, Andy Pritchard M0CYP, à créé une page de configuration automatique pour UI-VIEW

4) Les SSID

Le SSID est le chiffre qui suit l'indicatif, exemple F6BXM-9 (ma station en mobile), il existe une recommandation (assez vague d'ailleurs) sur l'usage des SSID en fonction de la station :

0, 1 ou 2  =  station personnelle, QRA ou QRA secondaire
3, 4 et 5 = "digipeaters", favoriser le 4
6 = bateaux
7 = portable
8 = station météo
9 = station mobile
10 à 15 = réservés pour des cas spéciaux (non définis)
 

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